UNE TÉNÉBREUSE AFFAIRE D'EXPRESS

Il s'agit de Mr R et Mme L qui ont pris place dans l'Orient-Express. Mr R se dégourdit les jambes et pendant ce temps Mme L est enlevée…

(Imaginez la suite.................)

- Je déplie mes jambes engourdies, un vertige me plonge dans le clair-obscur de la nuit, tout est silencieux à part le cadencement régulier de la rame. Une ombre coule là-bas, au fond du couloir... bizarre, me dis-je. Un cri étouffé me fait tressaillir. Ai-je rêvé ? Il serait temps que je regagne le compartiment, L... m'attend ; nous allons "sabrer le champagne" pour fêter notre "cordiale rencontre"... dans le train qui me ramène à la maison ; J'ouvre la porte, un éclair me poignarde.

Monsieur R et madame L ont embarqué à bord de l'Orient Express vers 18h, 20h déjà et la soirée semble bien longue.

Monsieur L décide donc tout naturellement de se dégourdir les jambes en faisant quelques pas dans le couloir afin de fumée sa cigarette appuyé à la fenêtre, le vent de la nuit est frais sur son visage.
Lorsqu'il regagne quelques minutes plus tard le compartiment il constate avec étonnement l'absence de madame L, pourtant il en est sûr il ne l'a pas vue dans le couloir.

C'est alors que sous ses pieds roule une minuscule perle, il l'a reconnait c'est une perle du bracelet de madame L, un bracelet ancien et rare, ils en ont parlé ensemble. En ouvrant la porte il constate que d'autres perles jonchent le sol en direction du wagon restaurant. L'usure du bracelet l'a-t-elle fait céder ou bien une main malveillante l'y a-t-elle aidé, monsieur L reste dubitatif, mais suivant son instinct tout comme le petit poucet il suit les indices.

Il pousse la porte du wagon restaurant où règne une ambiance fiévreuse les serveurs se faufilent au milieu des clients affamés. Si madame L est venue dîner, peu probable, ils avaient projeté de le faire ensemble, elle doit se trouver là assise tranquillement à une table. Il balaye prestement la pièce d'un coup d'œil, mais ne reconnait pas madame L parmi les convives. En y regardant de plus près aucune perle ne s'est perdue sur le sol, madame L n'a jamais atteint le wagon restaurant.

Il se remémore les évènements, c'est vrai qu'il a quitté le couloir des yeux un court moment penché à la fenêtre, ha la cigarette, quel vice ! Sans doute ce laps de temps a-t-il suffit. Il sort prestement du wagon restaurant, face à lui un long couloir vide, désespérément vide. Il ouvre le poing, dans sa main les petites perles nacrées brillent, témoins inertes et silencieux de la scène.

Il y a bien une explication madame L ne s'est pas envolée ! Le roulis du train couvre tous les bruits de la vie et perturbe la pensée de monsieur R. Sans attendre il retourne au compartiment toujours personne. 
Il se souvient de sa conversation au sujet du bracelet que portait madame L.
C'est une pièce unique offerte à sa famille par un tsar russe voilà fort longtemps et qu'elle a hérité de sa grand-mère.

Madame L le porte toujours lors de ses grands voyages, si précieux et si cher elle craint toujours qu'il ne lui soit dérobé pendant son absence et il est devenu au fil du temps comme un porte bonheur.
Porte bonheur, cette fois pas si sûr que ça !

Madame M s'est bien invitée pour jeter le trouble. Oh, elle n'hésite pas, garde son sourire, joue à la grande dame. Furtivement, elle s'installe à la table du restaurant. Son regard traduit la profondeur de sa pensée. Tout à sa réflexion un puissant coup de frein, la rappelle à l'ordre. Suis-je arrivée à destination ? Pourtant elle a vu les perles, où ont-elles passé ?

Qui est ce Monsieur au chapeau haut de forme, binocles sur le nez ? Il a fière allure, il ne passe pas inaperçu. Et pourtant il passe et repasse au restaurant... Il doit avoir des fourmis dans les jambes, depuis sa montée dans le train à Paris ; il a pourtant l'air très inquiet.

Il en est sûr tout comme lui madame L ne connaissait personne dans ce train, elle se rendait à Istanbul décision prise la veille sur les traces d'un amour perdu, celui de sa grand-mère.
Quant à lui, il s'y rendait pour récolter quelques renseignements pour son prochain livre.
Alors que monsieur R sortait du compartiment le train ralentit brièvement et il lui sembla entendre alors comme un bruit sec et saccadé, un coup sur une porte par exemple.

Rien ne provenait des compartiments désertés par les voyageurs à cette heure de repas, il tendit l'oreille alors que l'orient express reprenait sa course. Son œil fut attiré par une petite porte presque invisible jouxtant celle du wagon restaurant. Il entreprit de l'ouvrir mais elle résista alors il tira plus fort et enfin la porte céda.

Quelle ne fut pas sa stupeur de découvrir à l'intérieur madame L bâillonnée et hirsute. Il l'a libéra prestement et s'enquit de sa santé. Il l'extirpa du fouillis de balais et de sceaux pour qu'elle puisse enfin lui raconter son aventure ce qu'elle fit bien vite.

Alors que monsieur R s'adonnait à son vice, le contrôleur des wagons-lits se présenta.
Comme il se doit il vérifia le billet de madame L et tandis que celle-ci lui tendait le bout de papier il fit une remarque sur son bracelet :

- Vous portez là un fort beau bijou madame.

- Merci jeune homme, je vois que vous êtes connaisseur, c'est un bijou très cher dans tous les sens du terme.

Ce dernier tourna les talons et alors qu'il s'apprêtait à sortir il sauta sur madame L et la ballonna avec son foulard. Cette dernière à l'esprit vif tira sur la corde de son cher bracelet afin de la faire céder.
Elle aperçut son collègue de wagon penché à la fenêtre mais elle ne pouvait rien faire. Le contrôleur l'enferma dans le réduis pris de cours par monsieur R qui revenait sur ses pas. Monsieur R avisa un autre contrôleur qui parut fort étonné en effet de ne de ne pas avoir revu son collègue.
Les deux protagonistes lui racontèrent l'aventure et firent immobiliser le train. Ils aperçurent alors coincée dans la porte de sortie un minuscule bout d'étoffe.

Lorsqu'ils ouvrirent l'issue de secours ils trouvèrent le luron recroquevillé sur une marche trempé jusqu'aux os par la pluie battante. Il attendait tout simplement la prochaine gare pour sauter. Son voyage s'arrêta net.

Il raconta que visitant madame L il reconnut à son poignet le bracelet que portait sa grand-mère sur la photo de la cheminée de leur demeure. Ses grands parents avaient subis des revers de fortune et ils s'étaient installés à Istanbul. Le grand père peu scrupuleux avait offert ce bracelet pièce unique à sa maîtresse une française venue en villégiature. Le voleur connaissant la valeur du bien avait trouvé normal de reprendre ce qu'il pensait être toujours la propriété de sa famille. La police ne fut pas de cet avis.

Madame L remercia monsieur R de la diligence avec laquelle il l'avait sauvée. Ce dernier lui remit les perles, il n'en manquait pas une et lui suggéra qu'un bon orfèvre pourrait le remettre en état.

Bien sûr dit-elle,  il perdra sa valeur marchande mais il gardera sa valeur sentimentale et pour moi c'est le plus important !


FIN 


Histoire écrite par la cordée Blabla...

 

 

 

Les commentaires sont fermés.