13/06/2010

Paroles de parents cordistes

Chris à 23 ans. Il n'a aucune autonomie physique, est nourri par sonde depuis 8 ans, et ne parle pas. Mais il a un super sourire. Si vous souhaitez le voir vous pouvez aller sur google et taper "michele dietrich apeh france 3" vous verrez un petit film de quelques mns sur le sujet aidants familiaux.

23 ans déjà. Il y a des moments ou j'ai l'impression d'avoir 150 ans (j'en ai trois fois moins) tellement je suis fatiguée et j'ai vécu des moments intenses.

Mais je suis contente de mon parcours car depuis que Chris est là je me suis enrichie de toutes ses rencontres que je fais. J'ai l'impression de vivre certes à 200 à l'heure, mais que ma vie est pleine de toutes sortes de choses.

Michèle

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23/05/2010

Le matin quand je vais sur la cordée

Le matin quand je vais sur la cordée, j'ai l'impression d'ouvrir la fenêtre d'un appartement qui donnerait sur la place d'un village un matin de printemps. Certaines personnes se croisent sur la place et devisent aimablement, d'autres gens sont dans leur maison et certains sortent sur le balcon. Alors j'interpelle tous ce beau monde pour barvarder un peu comme dans un village méditerrranéen. L'air du matin est frais et le chant des oiseaux nous accompagne de leur babillage. Il fait beau, c'est le printemps et vive les cordées.

J. C.

 

22/05/2010

LE CYANURE SUR LA CERISE

Un texte reçu ce jour de Nicole Tourneur...

et que nous avons envie de partager avec vous.

D'ANTAN, moi aussi j'ai souri, moi aussi j'ai fait comme....

 

LE CYANURE SUR LA CERISE

 

 

Ce soir, je voudrais demander pardon aux handicapés moteurs. Ceux qui se baladent en fauteuil roulant, qui aimeraient communiquer mais vers qui on ne baisse pas le regard parce qu’ils ne sont pas la hauteur. Pas à la hauteur des deux jambes, pas à la hauteur des gens normaux.

Ce soir pour la première fois, j’ai fait l’expérience d’aller dans un cocktail en fauteuil roulant. J’avais briqué mes roues en alliages, vous savez celles qui servent à faire avancer le carrosse quand personne ne vous pousse. Elles étaient belles, magnifiques.

Me concernant, j’avais fait mon possible, mais enfin les miracles, c’est à Lourdes qu’il faut aller les chercher. Durant la soirée, je n’ai manqué de rien, il y avait toujours une âme charitable pour me présenter un plateau rempli de petits fours, à tel point que je ne savais où les poser.

Et puis les groupes se sont formés et la solitude m’a enveloppée, j’étais dans une bulle hermétique, plus rien ne passait. Ma voix voulait traverser la foule mais rien n’y faisait. Parfois, je captais un sourire. C’est beau un sourire, c’est gratuit et ça déculpabilise. Moi aussi, j’ai souri, moi aussi, j’ai fait comme si je ne voyais pas briller les jantes parce que je m’interrogeais sur la façon de parler à ces fichus handicapés. C’est vrai, ils sont différents et en plus ils voudraient qu’on les intègre.

Un  jour, l’un de mes oncles a dit à son frère « je ne sais pas comment parler à Nicole ! ». Normalement, tonton, parle-moi normalement et tu verras, ça ira tout seul !

Ce soir, pour la première fois, j’ai compris ce que signifiait le mot « solitude ».

 

 

Nicole Tourneur, mai 2010

 

 

 

30/04/2010

Il suffit de quelques mots...

Il y a très longtemps que j'avais envie de faire partie d'une cordée, quand il y plusieurs mois, j'ai vu qu'on pouvait le faire par électronique, je me suis inscrite et je fais partie de l'étoile filante avec bonheur et je souhaite participer à une 2ème cordée car c'est très enrichissant de partager nos expériences et notre vécu tous ensemble.

Les cordistes sont devenus mes amis et font partie de ma famille maintenant et je souhaite agrandir ma famille.

de M. P.

 

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08/02/2010

Histoire d'une rencontre

Depuis que je connais l'APF, depuis cette fameuse colo avec des ados handicapés à Couzeix, ma vie a littéralement changé.

- Je ne veux plus être professeur des écoles : je veux être professeur des écoles spécialisée.

- Je n'avais jamais fait de bénévolat : je suis cette année bénévole dans deux associations.

- Je ne connaissais pas du tout le monde du handicap qui me faisait un peu peur (il faut bien l'avouer) : je suis maintenant tellement familière du handicap que je ne le vois plus.

- Je découvre régulièrement les ressources possibles des associations qui se décarcassent pour le bien-être de tous.

- Je me rends également compte de tous les obstacles qui rendent la route bien difficile pour les personnes en situation de handicap et leur entourage, et j'essaye de les réduire à mon échelle.

- Et accessoirement je me suis fait beaucoup d'amis qui comptent énormément pour moi.

Voilà, en gros, ce que l'APF a eu comme répercussions. Et j'aimerai tellement que d'autres personnes fassent partie de cette aventure. Malheureusement je me rends compte qu'on ne peut pas forcer les gens à s'investir. Il faut que cela vienne d'eux-mêmes. Mais ils ne savent pas ce qu'ils ratent !!

Jeannie