• de nos cordistes... quelques mots !

    Si j’ai bien saisi votre but, c’est de motiver des personnes handicapées (et d’autres comme moi affligées par le sort) à pas renoncer à la lutte. C’est magnifique.

    Pour ma part, éloigné et parfaitement inconnu de tous, j’ai pris quelques jours à y trouver intérêt.  Mais, ce ne fut pas long pour être   gagné à ces échanges spontanées, variées, poétiques, vivantes et quotidiennes.  Cela m’a aidé et je vous en remercie.

    Philippe

  • Quand les maux deviennent mots

    j'ai hésité : je pleurais de fatigue ou j'écrivais une bêtise!

    chassez le naturel... la bêtise fut écrite!

    comme il faut bien que je la donne à quelqu'un tu es désignée d'office!

     

    Ah j’en ai marre dit le canard

    Urgence signalée dit l’azalée

    Ta gueule idiot dit le corniaud

    On se casse quand dit le pélican

    Rien à faire dit le pivert

    Il faut le museler dit le pressé

    Tout le monde dort dit le bouton d’or

    Et c’est la fin de l’histoire dit la poire !


    M.

  • Le drogué du boulot

    J'ai la vie décousue. Pareil au camionneur
    Je mange du bitume au son sourd du moteur.

    Je déjeune au routier d'une andouillette frite.
    Un café, l'addition, termineront le rite.

    Il parait qu'on envie la vie du travailleur
    Qu'en ce début de siècle, on craint d'être chômeur.

    Quand arrive le soir, j'ai la tête bien lourde.
    Mon hôtel une étoile a des toilettes gourdes.

    Ses tuyaux dans la nuit m'abreuvent de glouglous.
    Surtout qu'en plein hiver je dors dans un iglou.

    Pourquoi plus je cotise et plus la pension baisse ?
    Peut-on tenir l'âge de la retraite en laisse ?

    Je fatigue mes jours comme un déménageur
    Courbé sous le fardeau d'un bien trop dur labeur.

    Je ploie. Je plie. Mon dos se voute et je blanchis.
    Ma peau se ride et se distend telle un torchis.

    La fin de la semaine est comme un sanctuaire
    Bordant les jours ouvrés d'un somptueux suaire.

    J'ai bien trop abusé. Je finirai malade
    Boulonné au travail, la mort en accolade.


    Pascal Lecordier